D'une île à l'autre

Créé par DiChim Zoug le Fri 07 June 2013

D'une île à l'autre

Nous avons enfin quitté cette maudite île ! Mais je suis loin d’être sûre que ce soit pour une meilleure destination. Mais revenons sur nos pas. Nous étions à la boutique la dernière fois où j’ai écrit.

Lorsque nous retournâmes au bateau, une bonne nouvelle nous attendait. Il était enfin réparé et nous pouvions partir dès que nous le souhaiterions. Pendant que nous discutions avec le capitaine. Graig Fergus le druide et Crowen, son assistant, conféraient à part. Ils parurent prendre une décision et nous firent part de ce que Crowen avait entendu lorsqu’il était en captivité. Ses ravisseurs, ceux qui avaient embarqué le profond sur le bateau, se dirigeaient vers l’île de Man ou plus exactement vers le petit îlot où Fergus et son ordre sont installés. Décidément, tout nous entraînait vers cet endroit.

Lorsque nous sommes allés rechercher nos affaires à l’auberge. Celle-ci était déserte. La cuisinière était éteinte et froide. L’absence d’Eleonore devait donc être assez longue. Pendant que nous prenions de quoi manger et une hache, Lawrence trouva une coupure de journal dans le grenier. L’extrait relatait le départ de Stoner de Liverpool, où il était un médecin reconnu, pour l’île où nous nous trouvions et où il comptait exercer la biologie.

Notre voyage en mer fut beaucoup plus tranquille que le précédent. Guiseppe insista pour baptiser Annie. Son obsession religieuse est vraiment étonnante lorsque l’on a connu le jeune play-boy italien. Après la courte cérémonie, je soignais de nouveau Bill comme je le pus. Puis nous en profitâmes pour dormir. Un peu de repos était plus que nécessaire pour nous tous.

Notre destination n’était qu’un petit îlot rocheux avec un château, qui semblait abandonné, posé sur son sommet. Le bateau étant trop grand pour le ponton. Le capitaine préféra jeter l’ancre et mettre une chaloupe à notre disposition. Une fois sur l’île, il devint évident que le seul moyen de parvenir aux remparts était un escalier étroit et escarpé.

Arrivés en haut, la place était déserte. Guidés par Fergus, nous découvrîmes dans un dortoir une trentaine de druides malades et plus ou moins à l’agonie. Je les examinais et ne compris pas pourquoi ils pouvaient être aussi souffrants. Les symptômes ressemblaient à la grippe et cela n’avait commencé que deux jours plus tôt lors de la tempête.

On nous confia que l’herboriste cherchait un remède. Lawrence et moi décidâmes d’aller lui rendre visite avec Crowen. Il était dans un bâtiment ressemblant à une grande serre. C’était un petit homme de très forte corpulence au visage rougeaud du nom de Crosley.

L’homme ne semblait pas atteint comme ses condisciples. En l’interrogeant, nous finîmes par suspecter l’eau d’être l’agent de la contamination. En effet, il finit par nous confier, ce que son aspect nous avait suggéré. Sa préférence allait au vin et il évitait l’eau comme boisson. Il était donc fait pour s’entendre avec Lawrence. Par mesure préventive, nous envoyâmes donc Crowen, prévenir les druides de ne plus utiliser l’eau de la citerne. Je les laissais ensuite analyser l’eau.

En repartant, j’aperçus Bill et Guiseppe qui partaient avec Fergus. Je m’empressais de les rejoindre et nous descendîmes un escalier, qui s’enfonçait dans les profondeurs de l’îlot. Nous entendîmes alors des chants gutturaux avant de pénétrer dans une grande salle circulaire avec des menhirs. Des hommes étaient allongés sur le sol aux pieds de huit menhirs. Au centre de la pièce, une grosse pierre vibrait et sa pointe disparaissait dans la paroi du plafond. Un vieillard aveugle serpentait dans la pièce appuyé sur un bâton.

Un autre homme âgé, il devait bien dépasser les soixante-dix ans, s’approcha de nous. Angus Sergham, le Grand Druide. Il nous expliqua que nous étions dans le cercle des hommes. Et que ceux-ci chantaient pour bloquer les profonds, dont les sorciers cherchaient à passer outre leur barrière.

Jervis Kendrick, l’aveugle vint et tendit les mains vers nous pour, dit-il, sentir nos forces. Je lui donnais une de mes mains et une douce chaleur monta le long de mon bras et m’emplit le corps.

Soudain, l’un des druides au sol cria, se leva et s’évanouit. Un fragment de la pierre suspendue éclata et alla percuter les autres menhirs. Jervis nous dit alors qu’ils faiblissaient et étaient en train de céder. Il demanda ensuite l’aide de Guiseppe, qui était, selon lui, le plus fort. Forcement, puisque ce cher Bill avait refusé de lui donner sa main. Me la réserve-t-il ? Guiseppe accepta. Il enleva ses chaussures et s’allongea les pieds nus contre le menhir. Jervis chanta un rituel. Notre ami curé, les yeux fermés, gesticulait dans tous les sens.

Ne pouvant rien faire pour aider, Bill et moi sommes remontés dans le couloir où nous tombâmes sur Lawrence qui descendait. Crosley et lui avaient fini leurs analyses, l’eau était bien contaminée par des algues nocives pour l’homme.

Arrivés à une porte, Bill tenta de l’ouvrir. Celle-ci était fermée. Nous retournâmes donc dans la salle pour demander la clé à Angus. Tout d’abord, celui-ci refusa. L’endroit abritait un sanctuaire et était interdit à part pour quelques druides. Heureusement, Bill fût convaincant et le Grand Druide nous donna le sésame en nous mettant en garde. Comme si cela était nécessaire !

Une fois retournés devant, Bill ouvrit la porte...