Horreurs dans les profondeurs

Créé par DiChim Zoug le Tue 18 June 2013

Horreurs dans les profondeurs

Je me demande comment nous nous en sommes sortis vivants. Nous nous trouvons en haut dans le dortoir parmi les druides malades et je prends ces quelques instants pour relater ce qui s’est passé en bas.

Guiseppe et Lawrence descendirent dans le boyau pour nous rejoindre Bill et moi. Sentant que Bill, peut être plus touché qu’il ne voulait bien l’admettre, était un peu ailleurs. Je pris la lanterne et la tête du groupe pour les emmener vers la grande fresque. Un religieux et un érudit pourraient sûrement en tirer quelque chose d’intéressant pour nous aider à combattre ces créatures ou au moins à comprendre ce qu’il se passait. Peine perdue.

Je décidais donc d’aller dans la grande salle à la statue, en leur expliquant que l’immense créature de la fresque y était représentée sous forme d’une grande sculpture. Serait-ce Dagon ? Là bas se trouvaient des êtres étranges, mais aussi des cadavres plus ou moins anciens. Nous arrivions dans la grotte, lorsque Bill entendit des bruits étranges qui le mirent en alerte. Je baissais aussitôt l’intensité de ma lanterne. Lawrence m’imita avec la sienne et nous fîmes silence. Nous étions plongés dans l’obscurité et pendant que nos yeux s’habituaient au manque de lumière, seuls les sons nous permettaient de nous rendre compte de ce qu’il se passait.

Puis enfin, nous distinguâmes, sortant de l’eau, une grande forme cylindrique avec deux tentacules plantés dans le sol. Des formes humanoïdes en sortirent, elles semblaient armées. Une fois débarquées, elles se dirigèrent vers la statue. Le cylindre repartit dans l’eau, mais d’autres suivaient. Et d’autres créatures en sortirent. Celles-ci étaient appuyées sur des bâtons, et leurs silhouettes nous inclinèrent à penser qu’il s’agissait de shamans profonds.

Le défilé de cylindres continuait et l’un d’eux régurgita d’autres formes. Celles-ci étaient, sans conteste, des êtres humains. Ils suivirent une créature fortement courbée, qui les guida vers l’effigie de leur dieu innommable.

N’y tenant plus Guiseppe hurla au sacrilège et ainsi révéla notre présence à ces monstres. Lawrence et lui s’enfuirent vers le couloir d’où nous venions. Pour ma part, je courus vers un autre couloir au nord-est avec Bill à ma suite. Une fois sûre que nous n’étions pas poursuivis, je remontais la lumière de ma lampe et nous avançâmes plus avant dans la galerie. Il nous fallut peu de temps pour déboucher sur une plage donnant sur l’étendue d’eau. De l’autre côté, à une dizaine de mètres nous distinguâmes une autre plage. Au milieu, l’eau faisait des vagues et nous vîmes passer devant nous d’autres formes cylindriques. Bien que sales, elles semblaient de nacre.

En examinant l’endroit, je découvris en l’air un menhir, comme celui de la salle ronde, mais en taille réduite. Il semblait osciller de plus en plus faiblement. Bill me fît la courte échelle et, m’appuyant sur la paroi rocheuse, je pus l’atteindre et le toucher. J’eus l’impression d’entendre le chant des hommes, mais tout comme le balancement, celui-ci s’estompait peu à peu.

Ne sachant que faire de plus, nous décidâmes de revenir sur nos pas pour retrouver nos deux compagnons. De retour dans la grande salle, nous assistâmes à un odieux sacrifice. Pendant que les humains, prosternés devant Dagon, priaient ce Dieu infâme. Nous vîmes les guerriers profonds se placer subrepticement derrière eux et les exécuter à coups d’épée.

Cette horreur ne nous fit pas oublier nos amis et lorsque nous nous dirigeâmes vers le couloir où ils avaient fui, nous pûmes voir deux guerriers profonds qui allaient dans cette direction. Nous tentâmes de les suivre discrètement. Malheureusement, je fus maladroite et marchais bruyamment dans une flaque d’eau. Les créatures se retournèrent aussitôt pour nous faire face et nous attaquer.

Me voyant en danger, Bill s’interposa et je pus en profiter pour passer et détaler vers le boyau pour remonter hors de ces galeries maudites. Lorsque j’y arrivais, je vis Guissepe en grand danger. Un profond tentait de le frapper pendant qu’il essayait de grimper. La créature était de dos, je n’eus aucune hésitation et lui fonçais dessus en la frappant avec mon fidèle tisonnier. Je ne tardais pas à l’achever.

Derrière Bill se battait aussi. Il nous cria que d’autres arrivaient. Grâce à l’aide d’un des druides restés en haut du conduit Guiseppe réussit à monter. Puis il m’aida à m’échapper à mon tour. Arrivée en haut, je constatais que l’un des druides était mort, la tête visiblement défoncée. L’autre était blessé. Il nous déclara que l’île était perdue et qu’il fallait fuir.

Mais Bill, ce cher cœur était encore en bas. Attaqué de toutes parts et meurtri par de nouvelles blessures, il appela au secours. À son cri d’alarme, je faillis défaillir. J’étais sauve, mais je ne pouvais me résoudre à l’abandonner. Sans lui, la vie n’aurait aucun sens. Aussi faisant fi de la terreur qui m’habitait, je m’engouffrais de nouveau dans le boyau et allait vers lui. Pour le protéger, je décidais de lancer ma lanterne entre ses agresseurs et lui, le feu les bloquerait. Mais ma tentative échoua et je les ratais. Toutefois, l’intensité de la lumière les aveugla et ils reculèrent juste assez pour que Bill arrive à se dégager.

Il courut vers son salut et Guiseppe l’aida à remonter. J’eus peu de temps pour m’en réjouir, car à ce moment une de ces créatures maléfiques me frappa et m’entailla profondément le bras, je ratais lamentablement mon esquive et elle en profita pour me mordre dans le cou. À cause du choc, j’avoue ne plus me rappeler comment j’ai fait. Mais Guiseppe réussit à me récupérer et je me retrouvais en haut.

Nous comprîmes alors que c’était le druide reclus qui avait attaqué les deux autres. Pourquoi ? Encore un mystère.

Autre mystère, Lawrence avait totalement disparu. Aucune nouvelle de lui depuis qu’il avait balancé de l’eau bénite vers les monstres après l’éclat de Guiseppe. Il avait fui du même côté que ce dernier, mais depuis plus aucune nouvelle. Je le soupçonne de s’être caché quelque part et de noyer sa frayeur dans l’alcool. Une seule chose est sûre, il ne nous aura pas beaucoup aidés dans cette bataille où nous avons tous failli perdre la vie.

Dans l’état où nous étions, nous ne savions plus que faire. Aussi nous repartîmes par la grille et remontâmes en haut dans le dortoir. L’herboriste donnait un antidote aux malades, mais il nous confia que malheureusement d’autres druides mourraient encore, car trop touchés.

Profitant de cette sécurité relative, je viens juste de finir de soigner mes compagnons et moi-même. Mes mains tremblent encore de la frayeur ressentie dans ces galeries maudites. Mais je souris. Bill est là, pas loin. Et il est vivant !