Appelez moi Madame Becet !

Créé par DiChim Zoug le Mon 08 July 2013

Appelez moi Madame Becet !

Nous n’avions pas le temps de nous reposer, le danger était tapi dans les profondeurs de l’île. Nous décidâmes de nous attaquer au petit rocher suspendu. Celui que j’avais touché et dans lequel j’avais ressenti comme un effluve du chant des hommes. Avant de redescendre, nous nous équipâmes de pioches, de masses et de cordes dans une remise que nous indiquèrent les druides. Puis nous prîmes la direction de la salle du cercle. Angus, le Grand Druide était agonisant. Se tenant la poitrine, il nous déclara qu’ils avaient échoué, lui et son ordre, à protéger la mer d’Irlande contre les profonds.

Pendant que Guiseppe et moi descendions par le puits, Bill prit la barque, pour le cas où nous en aurions besoin pour revenir. Nous nous rejoignîmes sur la dalle près de la grille. À cet endroit, nous entendions très clairement un chant liturgique assez lugubre, qui venait d’en bas, la cérémonie des profonds se prolongeait.

À l’aide d’une corde, nous passâmes de nouveau par le boyau. La peau blanche recouvrant les parois nous sembla plus active que lors de notre dernière incursion. Une sorte de pulsation la parcourait. Les œufs s’étaient ravivés. Bill, toujours curieux, en explosa un. Un cri épouvantable et aigu résonna dans toutes les galeries. Un autre cri lui répondit. Celui-ci provenait sûrement d’un profond.

Ce cri nous inquiéta, mais loin de renoncer, nous allâmes jusqu’à notre cible : le petit rocher. Bill me terrifia lorsqu’il alla dans l’eau, pour explorer plus avant. Mais il ne fut pas long à revenir, car il ne pouvait continuer sans lumière, il lui sembla cependant que le couloir débouchait sur la mer. Remonté sur la rive, il tapa sur la pierre. Celle-ci oscilla et nous entendîmes une espèce de chant. Une onde de choc parcourut l’eau. Plus loin, des cris arrivèrent du côté des profonds. Le chant gallois résonnait dans nos têtes et nous tapâmes ensemble sur la roche suspendue. De plus en plus puissant, le chant envahit la grotte. La pierre semblait s’être chargée en énergie, elle vibrait lorsqu’une énorme onde de choc partit de la base pour frapper l’eau créant ainsi une vague qui déferla vers les profonds.

Lorsque la vague arriva sur elles, les conques éclatèrent à son contact. Et toujours ce chant qui continuait et les oscillations qui s’amplifiaient. Des ombres nagèrent sous l’eau pour partir, plongeant plus profondément quand elles étaient au niveau de la pierre. N’y tenant plus Bill mit alors toute sa force à contribution et frappa. La pierre explosa et l’onde de choc nous jeta à terre. Toute la caverne trembla et le chant s’arrêta net. Nous entendîmes également le bruit de chute d’un gros rocher du côté de la grande statue de la divinité.

Une fois arrivés là-bas, nous constatâmes que les profonds étaient tous partis. Sur place, il restait toutefois les dépouilles des quatre humains sacrifiés à leur dieu immonde. En enlevant leurs cagoules, nous reconnûmes John Wendich, Gregor Wenrec et Eleonore. Le quatrième homme nous était inconnu. Tous avaient le visage grimaçant d’horreur. La tête de la statue était au sol. Un silence de mort régnait dans la salle.

Nous décidâmes de remonter. Ce que nous fîmes sans difficulté. Arrivés à la caverne du cercle. Angus était mort. L’autre vieux druide eut juste le temps de nous dire avant de trépasser qu’il fallait reconstruire le pentagramme. Nous allâmes donc informer les autres druides, qui nous remercièrent.

Il était temps pour nous de repartir pour donner à James et son ami Tom une sépulture décente. Lawrence n’était toujours pas réapparu, mais nous ne pouvions pas attendre indéfiniment.

Sur le bateau. Guiseppe décida qu’il était temps pour Bill de prendre ses responsabilités. Tout d’abord, William, se sentant sans doute piégé, résista comme un beau diable. Aussi y mis-je également du mien. Ce grand fou finit par accepter et me demanda ma main. C’est sur le bateau que Guiseppe nous maria.

Après les profondeurs de l’île aux druides, nous nous dirigeons vers d’autres contrées inconnues : la vie à deux.