Quelle nuit !

Créé par DiChim Zoug le Sun 02 June 2013

Quelle nuit !

Juste quelques mots pour relater ce qui s’est passé cette nuit fatidique pour moi. En effet, je n’ose penser à l’acte que j’ai commis. Je sais que c’était pour me défendre, mais j’ai voué ma vie à sauver la vie, aussi en prendre une est pour moi totalement contre nature. Mais je vais trop vite.

J’étais donc seule et terrorisée dans le silence de la chambre, il devait être à peu près minuit. Bill et Guiseppe étaient descendus dans les sous-sols du manoir, lorsque les chants cérémonieux avaient retenti. Je ne sais pas où était Lawrence. Sûrement en train de cuver ou de boire quelque part dans une autre pièce. Soudain, provenant d’en bas, j’entendis un vrai raffut. Des grincements métalliques et surtout des cris. Mes amis étaient en danger.

Ne pouvant emmener Annie avec moi, je lui fis un nid douillet dans le placard où je la déposais délicatement en sécurité à l’abri des regards. Puis je descendis à mon tour vers le sous-sol et ses grottes armée d’un tisonnier.

Arrivée en bas. Je vis un homme muni d’un couteau, le visage dissimulé par un masque figurant un poisson, il passa devant moi, sans me voir. De la façon dont il se mouvait, j’en déduisis aussitôt qu’il cherchait quelqu’un pour l’attaquer. Provenant de plus loin, dans la grotte à la cuve vraisemblablement, j’entendais des bruits de lutte. Je décidais d’attendre qu’il passe pour aller voir ce qu’il en était exactement.

C’est à ce moment précis que Lawrence s’approcha en catimini par derrière pour le frapper avec son tisonnier. C’est à se demander s’il reste encore des tisonniers sur cette île que nous n’aurions pas récupérés. Quoi qu’il en soit, le combat ne doit pas être le fort de notre ami auteur. Il rata lamentablement son assaut. Et pire se retrouva, encore une fois blessé. Je ne pouvais plus rester sans agir. Je fonçais donc vers l’homme et lui abattis mon arme improvisée sur le crâne en fermant les yeux. Je sentis que je le touchais durement et frappait une deuxième fois. Le coup porta, mais le tisonnier résista, il était pris dans quelque chose. Je tirai d’un coup sec et j’entendis un craquement horrible. En ouvrant les yeux, je vis que la tête de mon ennemi était totalement défoncée. Il y avait du sang et de la matière cervicale partout.

Mais je n’avais pas le temps de m’apitoyer. Je fonçais vers la salle où la cuve était embarquée sur un bateau. Je vis, au passage, que ce pauvre Bill était horriblement blessé, mais je ne pouvais rien faire à ce moment-là.

Soudain, un grand fracas eut lieu sur la droite, la conque monstrueuse tentait de défoncer la porte de son enclos. D’énormes tentacules se terminant par des pinces sortaient de son opercule et tentaient d’attraper ceux qui se trouvaient là. N’écoutant que son courage, Bill me prit par la main et m’entraîna vers la sortie. Dans notre fuite éperdue, je vis que Guiseppe retroussait sa robe et fonçait à nos côtés, tout comme Lawrence. J’en fus soulagée.

Arrivée en haut, je me précipitais pour retrouver Annie, elle était toujours dans l’armoire. Réveillée et visiblement trempée dans ses langes, elle hurlait. Après l‘avoir changée, nous décidâmes de finir la nuit au manoir, nous ne pouvions partir dans la nuit totalement épuisés. Paradoxalement, le manoir était un endroit sûr.

Le lendemain matin, nous retrouvâmes le jeune acolyte du druide enfermé dans une pièce du sous-sol que nous n’avions pas encore découverte. Par chance, il était vivant et nous sommes repartis vers le village pour aller voir le bourgmestre. Celui-ci nous déclara que des plaintes avaient été formulées à notre encontre. Mais nos explications ne convainquirent et il nous laissa partir en nous indiquant une boutique où nous pourrions nous approvisionner. En effet, nous hésitions à manger de nouveau à l’auberge et nous devions trouver de la nourriture et du matériel pour la petite. Biberons, tétines, langes, etc.

Le magasin n’est pas très achalandé, mais nous avons finalement trouvé de quoi nous débrouiller. J’ai profité de cette pause emplettes pour écrire ces quelques mots avant de repartir. Cette nuit, j’ai tué un homme, mais ce matin je tiens ce petit être dans mes bras. Elle est pleine de vie. Pourrai-je la sauver ?