JDR Libre - INFLORENZA de Thomas Munier.

Si vous êtes familiers de ce site, vous savez que j’ai une prédilection pour les licences libres, puisque je diffuse, moi-même, mes textes sous la Licence Art Libre (LAL). Si vous ne l’êtes pas, et bien maintenant, vous le savez et allez lire mes textes, copiez-les modifiez les, etc.

L’un de mes passe-temps préférés est le jeu de rôle, aussi lorsque j’ai appris au détour d’un post sur G+ (merci Étienne !), que Thomas Munier, un auteur de jeux de rôles dont je ne connaissais que le nom, mettait ses textes dans le domaine public, cela m’a interpellé. Je suis donc allé lire son article : Libre et gratuit (http://outsider.rolepod.net/libre-et-gratuit/ ). J’ai trouvé sa démarche courageuse et fortement intéressante. J’y ai retrouvé certaines des réflexions qui m’étaient venues lorsque je suis passé de la licence Creative Commons By-Nc (usage non commercial) à la Licence Art Libre. Sauf que lui va encore plus loin, bien plus loin que ce que j’oserai faire en tant que tout petit auteur très amateur et très peu productif. Allez voir sur son site, c’est à lire !


Bref, le mariage « Libre » et « Jeu de rôle » a fait tilt dans mon petit cerveau et je suis allé sur sa page Archive.org (https://archive.org/details/@thomas_munier ) pour y télécharger quelques petites choses, dont Inflorenza l’un de ses jeux dans son univers de Millevaux. C’est par celui-ci que j’ai commencé, il y a quelques jours.


Donc, Inflorenza.


Je me suis attaqué à ce PDF illustré de près de 300 mégaoctets pour environ 350 pages en me disant que j’allais le parcourir et le feuilleter rapidement, histoire de me faire une idée, puis que j’y reviendrais plus tard, quand j’aurai le temps et que j’aurai fini les deux ou trois lectures de romans et de jeux que je mène de front. Et puis, je me suis fait avoir...


Dès les premières illustrations, j’ai été happé par Millevaux par leur force d’évocation. Il y a quelque chose de vraiment intrigant dans ces collages de photos et leurs citations. Il fallait que j’en sache plus. Je suis donc revenu au début du livre pour le lire correctement et je n’ai pas pu lire autre chose avant de l’avoir fini. Si j’avais le temps de lire 350 pages d’une traite, je pense que je l’aurais fait.


Dans Inflorenza, Thomas Munier nous propose de jouer des héros, des salauds et des martyrs dans l’enfer forestier de Millevaux.


Pour résumer très rapidement, cet univers se place dans une Europe post-apocalyptique recouverte d’une immense forêt. C’est un monde sombre et violent dans lequel les cauchemars prennent vie. Celle-ci y est dure et précaire (cela ferait plaisir à madame Parisot). Les humains y côtoient le surnaturel et sont atteints du syndrome de l’oubli. Ils perdent le souvenir des événements antérieurs à trois ans.


Le jeu se concentre sur les personnages interprétés par les joueurs et sur l’histoire. Il est en cela servi par des règles, qui me semblent tout à fait adaptées. L’essentiel de celles-ci peut être résumé en deux pages (Nanoflorenza) et fait tout pour que les joueurs incarnent des héros/salauds/martyrs ou un savant mélange des trois.


La fiche de personnage est constituée d’une simple succession de phrases, créées en cours de partie. Ces phrases sont à la fois les caractéristiques/atouts/handicaps/motivations du personnage ainsi que ses points de vie. Car un personnage qui n’a plus de phrase disparait de l’histoire. Le joueur, lui, recrée un nouveau personnage et continue de jouer jusqu’à la fin du théâtre (la partie/le scénario). Les dés 12 sont là pour résoudre les différents conflits qui peuvent se présenter et pour donner le thème (facultatif, mais inspirant) des phrases. Tout ça est superbement expliqué dans un exemple complet de partie.


La force du système, à mon sens, est de forcer le joueur à faire des sacrifices, même lorsqu’il gagne. C’est d’une très grande cohérence avec l’univers. Sa faiblesse pourrait être le caractère intimidant pour le joueur d’avoir à se lancer à créer un personnage et son histoire à partir de rien, même si un théâtre, préparé à l’avance, peut y aider. J’ai besoin d’y jouer pour m’en rendre compte.


Car c’est un fait, lire Inflorenza m’a donné envie d’y jouer et de parcourir l’univers de Millevaux. Je ne peux donc que vous encourager à découvrir ce jeu vous aussi. Profitez-en, il est libre et il est (https://archive.org/details/INFLORENZAEbookIllustreParThomasMunier ).


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