Et maintenant un meurtre !

Créé par DiChim Zoug le ven. 29 septembre 2017

Et maintenant un meurtre !

New York, nous sommes le 4 septembre et nous devons partir pour le New Jersey. Charlène, pour participer aux tests des avions et moi pour y installer deux des radios de Laroche. J’ai vraiment du mal avec ces modèles, mais je me débrouillerai bien.

Pendant le petit déjeuner, nous apprenons que Starkweather a révélé à la presse la participation du capitaine Douglas. Charlène et moi pensions qu’il fallait être discret, tu parles de discrétion. Starkweather est vraiment bizarre parfois. Tout ça pour couper l’herbe sous le pied de Lexington.

À la fin du repas, nous voyons David Packard apporter leurs billets aux pilotes et mécaniciens pour aller prendre le train. Surpris, nous demandons pourquoi nous-mêmes avons dû aller les chercher la veille. Nous finissons par comprendre au vu de certaines réactions que la présence d’une femme ne plait pas à tout le monde. Notamment à Dewitt, qui fait quelques allusions salaces à propos de son manche.

Après le voyage en train, nous allons aussitôt à l’aéroport pour voir les avions. Je n’y comprends pas grand-chose, mais les pilotes sont impressionnés par ces monstres mécaniques.

Lorsque je commence à vouloir installer la première radio à bord, les ennuis continuent. Il manque la lampe de puissance et le poste ne fonctionne pas. La deuxième radio est dans le même état. Après avoir contacté Laroche par téléphone, Charlène et moi sommes convaincus qu’il s’agit d’un sabotage. En effet, les autres postes à New York ont le même problème. Or Laroche m’affirme, et je n’ai aucun doute là-dessus, qu’il les avait vérifiés.

Miles râle en disant que c’est bien connu les femmes sur une expédition, ça porte malheur.

Là-dessus, je chope une sacrée trouille pendant que Charlène s’amuse à faire des acrobaties avec le Boeing. Visiblement, elle sait piloter.

Le 5 au soir, nous sommes de retour à l’hôtel pour assister à un exposé incompréhensible de Sorensen, heureusement repris pas Sykes. Ceci dit, tout ça n’est pas très rassurant. En gros, là-bas rien ne marchera correctement pour s’orienter. Ni les gyroscopes ni les boussoles. Juste l’observation du ciel et des étoiles. Bien sûr, pour que ça marche, il ne faut pas de nuages. Dans le froid polaire...

Moore déclare que je devrais faire la prochaine présentation sur les radios avec Laroche. Charlène et moi essayons de le faire parler de la relation houleuse de Starkweather et Lexington. Ils se sont rencontrés en Afrique en octobre 1920. Leur animosité est depuis réciproque.

Pour le lendemain, nous décidons d’essayer d’en savoir plus à ce propos, mais aussi sur l’expédition de la Miskatonic. Je me dis que j’en toucherai un mot à tonton Archibald pour qu’il mette un stagiaire sur le coup.

Au matin c’est un véritable brouhaha qui nous fait sortir de nos chambres. L’hôtel est pris d’assaut par les journalistes et tous nous demandent notre réaction à la nouvelle.

Quelle nouvelle ? Douglas est mort assassiné !

Après avoir parlé avec un policier auquel nous avons préféré ne rien dire, surtout pas que nous devions accueillir Douglas, j’appelle mon oncle pour lui demander de faire les recherches prévues puis nous décidons d’aller rapidement à l’hôtel du capitaine Douglas.

C’est un établissement minable dans un quartier mal famé. À l’intérieur, ça pue l’alcool et la sueur. Poussé par l’ambiance, je dis à l’employé que Charlène est une conquête et qu’elle est émoustillée par le fait d’aller dans la chambre du mort dont parlent les journaux. Ce n’est pas possible, car il y a un policier devant, mais il nous propose la chambre attenante qui a une porte communicante. Par chance, son occupant l’a libérée ce matin.

Une impulsion me pousse à lui donner la description que m’a faite le concierge de notre hôtel sur l’homme qui m’avait apporté la mystérieuse lettre de mise en garde. Bingo ! Ça lui ressemble et l’homme a un accent germanique.

Lorsque l’on passe devant l’agent posté devant la porte de Douglas, nous faisons comme si nous étions un couple dans un hôtel de passe et ne demandons pas notre reste.

La chambre a été nettoyée. Il ne reste aucune trace de son occupant. Par malheur, la porte communicante est fermée de l’autre côté. Impossible de passer. Charlène me surprend en n’hésitant pas à passer par la fenêtre. Cette jeune femme est décidément une casse-cou pleine de ressources.

Je gratouille doucement à la porte pour qu’elle pense à m’ouvrir, mais malheureusement Charlène fait du bruit en ouvrant. Dans un ensemble parfait, nous nous précipitons sur le lit de notre chambre et y faisons des bruits que je n’aurais pas soupçonné qu’une jeune fille de bonne famille puisse les faire. Après tout, nous ne nous connaissons que depuis quelques jours.

L’agent n’ayant pas réagi, nous allons fouiller la chambre de Douglas qui est sens dessus dessous. Nous y découvrons la photo d’un bateau : le Arkham et celle de deux hommes, deux frères au vu de la ressemblance. Nous ramassons quelques carnets de notes qui sont datés et parmi les papiers froissés nous trouvons une liste de noms avec des numéros de téléphone avec parmi eux Lexington. Nous trouvons également une lettre inachevée adressée à un Philip qui explique que Douglas ne voulait pas participer à l’expédition et qu’il lui envoyait des effets personnels par le train qui devaient être gardés en sécurité. Il y décrit également avoir été l’objet de l’obsession d’un Allemand qui le poursuivait en lui rapportant des contes de fées et en lui parlant d’un certain Arthur Pym.

Des bruits de pas nous alertent et nous retournons vivement dans notre chambre. Comme Philip fait partie de la liste des noms, nous décidons de partir pour appeler le numéro indiqué. En sortant discrètement nous voyons l’inspecteur qui nous avait interrogés en train de fouiller la chambre du capitaine.

Lorsque Charlène appelle, elle tombe sur une femme. Son mari n’est pas là, il est parti pour plusieurs jours. Charlène décide d’y aller franco et parle des affaires envoyées. Nous apprenons que Philip est le frère du capitaine, mais quand la femme comprend que nous travaillons pour Starkweather elle raccroche.

Les carnets que nous avons récupérés sont des carnets de bord. Les volumes concernant la période de l’expédition Miskatonic sont absents.

Nous allons à l’hôpital pour voir si nous pouvons y rencontrer Philip. Il n’y est pas, mais devrait arriver vers 16 h. Il est 14 h, nous en profitons pour aller faire des recherches à la bibliothèque. Nous y trouvons une chronologie de l’expédition Miskatonic. Tout a visiblement dérapé très vite à l’époque. Espérons que nous ne subirons pas le même sort.

De retour à l’hôpital, nous restons devant avec la photo des deux frères en main. Lorsque Philip sort habillé en noir. Charlène regarde si l’Allemand n’est pas dans les environs avant que nous abordions le frère du défunt. Il nous apprend que l’expédition de la Miskatonic l’avait rendu méconnaissable et qu’il avait mis beaucoup de temps à se remettre. Lorsqu’il était saoul, il se mettait à délirer sur ce qui s’était passé. Trois hommes seraient devenus fous et auraient tenté de tuer leurs compagnons. L’un d’eux se serait enfui dans le froid. Il évoquait également un rocher noir couvert de glace et qui serait lié à la perte de ses doigts. Le service funéraire aura lieu le 8 septembre.

Nous laissons Philip à son chagrin et faisons quelques recherches sur Arthur Pym. Nous tombons sur « Les Aventures d’Arthur Gordon Pym de Nantucket » un roman d’Edgar Allan Poe qui relate un voyage soi-disant authentique dans l’Antarctique.

Il est l’heure de rentrer à l’hôtel. La cohue s’est calmée. C’est la seule bonne nouvelle de la journée.