Des nouvelles de Tonton Archibald.

Créé par DiChim Zoug le dim. 08 octobre 2017

Des nouvelles de Tonton Archibald.

Nous sommes le 7 septembre 1933 et c’est demain soir le grand départ ! J’avoue que j’ai une certaine crainte au vu des événements de ces derniers jours.

Lorsque nous descendons pour le petit déjeuner, l’employé de l’accueil me fait signe. Subir son débit de parole pour le moins précipité va être une souffrance de si bon matin. Surtout avant que je n’ai pris un café, mais je n’ai pas le choix, c’est peut-être un message de Tonton Archibald.

Cela se confirme. Mon oncle a appelé à 5 h du matin, je le reconnais bien là, et veut que je le rappelle. Je vais donc à la cabine publique pour le contacter. Il m’apprend qu’il a fini ses recherches et qu’il a envoyé les articles à notre agence de New York. Il faut donc que j’aille les chercher.

Il me glisse également qu’il faut que je mette Charlène en valeur, car Lexington est sponsorisée par notre concurrent. Pour finir, il ne peut pas s’empêcher de se mêler de ma vie privée et de jouer les entremetteurs. Il demande même à parler à Charlène pour l’inviter pour Thanksgiving !

Après avoir pris un café, quelques tartines et mangé nos œufs au bacon, Charlène veut profiter que Starkweather soit occupé à faire de même pour aller jeter un œil dans sa chambre. Pour elle, il est suspect, elle n’en démord pas. Ceci dit, si au début je pensais que c’était à cause de leur mauvais départ, j’avoue que ses arguments ne sont pas infondés.

Nous ne trouvons pas grand-chose dans la chambre. Si ce n’est que nous avons la confirmation que Starkweather aime une chose : lui. Nous constatons également qu’il semble avoir eu un creux dans ses activités de 1928 à 1930.

En redescendant, nous pensons aux noms sur le papier récupéré dans la chambre de Douglas. Wykes est un nom qui nous revient. Il s’agit du matelot qui s’est beaucoup amusé à nos dépens le premier jour sur la Gabrielle. Il faudra que nous lui disions un mot.

Le type de l’accueil me fait à nouveau signe. Il a oublié de me donner une lettre tout à l’heure. C’est encore l’Allemand sûrement. Il continue ses menaces si nous ne prévenons pas tout le monde de ne pas nous rendre là-bas. Je n’ai pas besoin d’en parler à Charlène, elle a pris l’habitude de lire par dessus mon épaule. Je commence à m’inquiéter. Nous avons déjà des habitudes tous les deux...

Nous nous rendons au bateau pour aller essayer nos vêtements. Sykes me fait passer en premier et me dit de me déshabiller. Un peu confus, je demande à Charlène de bien vouloir sortir et d’en profiter pour trouver Wykes.

J’enfile les habits en peau de rennes. Quelle chaleur ! Quel poids ! Quel inconfort ! Très vite, ça me gratte de partout. Sykes me dit que je dois faire une allergie aux poils de rennes. C’est bien ma chance ! Je suis couvert de plaques rouges. Espérons que le froid va amoindrir les effets.

De son côté, Charlène a cherché Wykes sans le trouver. Elle s’enquiert de lui auprès du second près de la passerelle. Celui-ci lui répond que Wykes ne fait plus partie de l’équipage. Il n’était là que parce que Starkweather lui avait promis la présence du capitaine Douglas. Sans Douglas, il ne veut plus partir. C’est également le cas de deux autres marins qui ont rendu leur tablier en même temps que lui. En fait, ces trois hommes étaient déjà partis en Antarctique avec Douglas.

Une fois que Charlène a essayé ses vêtements qui lui vont comme un gant, à part un léger serrement au niveau de la poitrine, nous décidons de nous rendre au pub mentionné sur le papier à côté du nom de Wykes.

Avant cependant, nous rencontrons le Professeur Moore et le Docteur Green. Charlène ne peut s’empêcher de se mêler de tout et demande au docteur s’il a un remède pour mes plaques. Il me donne de l’huile de foie de morue. Moore, quant à lui, nous demande de passer une commande pour reconstituer le stock de verreries. En effet, tout a été cassé pendant la livraison.

Nous nous rendons donc dans le sud de Manhattan chez le fournisseur. Celui-ci nous annonce que Lexington a acheté une grande partie de son stock et qu’il ne pourra certainement pas livrer plus de 80 % de la commande aujourd’hui. Nous insistons fortement et il nous dit de revenir vers 14 h, il verra ce qu’il peut faire.

Nous allons ensuite dans les bureaux d’America Outdoor pour y examiner les articles récoltés par Tonton Archibald. Il a bien travaillé. Mais si certaines questions obtiennent des réponses, d’autres surviennent.

Ainsi, nous savons qu’Acacia Lexington et Starkweather sont en froid dès leur première expédition en Afrique. Acacia dit de Starkweather qu’il est totalement incompétent et qu’il a mis sa vie en danger pour finalement attirer à lui toute la gloire de leur sauvetage. Plusieurs événements récents nous font penser que la version de Lexington est la bonne sur ces faits.

Tonton a également trouvé des articles relatifs à la mort du père de Lexington. Il se serait suicidé. Acacia a tout d’abord réfuté cette thèse et parlé du vol d’un ouvrage rare : un exemplaire du livre de Poe « Les aventures d’Arthur Gordon Pym ». Encore ce livre ! L’aventurière s’est ensuite rétractée. Pourquoi ?

Nous retournons chez le fournisseur qui a une bonne nouvelle pour nous. Nous serons livrés dans une heure au bateau. En attendant, nous allons au pub de Wykes, mais il est fermé. Un marin nous dit qu’il ouvre vers 18 ou 19 h. Mais selon lui ce n’est pas un endroit pour nous, surtout pas pour Charlène.

Nous allons donc vérifier la livraison de verreries pour être sûrs que tout va bien. Charlène regarde rapidement, mais je ne veux pas passer à côté d’un éventuel problème. Je m’y prends donc méthodiquement et y passe un certain temps, voire un temps certain.

Il est donc temps d’aller au pub. Je préfère y aller seul pendant que Charlène attend dehors. À l’intérieur, il n’y a que des matelots et tous se taisent et m’observent lorsque je fais mon entrée. Sans me démonter, mais n’en menant pas large, je me dirige directement au bar et commande une bière. Une fois servi, je demande après Wykes. Le barman me répond qu’il n’est pas là.

C’est à ce moment que je sens une main sur mon épaule. Je me retourne et suis obligé de baisser le regard pour voir son propriétaire. Un horrible nain se hisse sur le tabouret à côté de moi et me dit qu’il a vu Wykes l’avant-veille. Je lui offre une bière pour entamer la conversation. Ce ne sera pas la dernière, le petit bonhomme a une sacrée descente. Après force rots, raclements de gorge et plusieurs aller-retour aux toilettes, le nain finit par m’apprendre que Wykes et les deux autres marins ont rencontré le capitaine Douglas le soir de sa mort. Ce dernier les a persuadés de ne pas participer à l’expédition et leur a déclaré qu’il avait aussi tenté, sans succès, de faire renoncer Lexington à son projet. Il a également évoqué Pabodie qui n’irait pas non plus, même s’il avait amélioré ses foreuses.

Une fois dehors à l’air libre. Je raconte tout à Charlène. Nous décidons qu’elle devrait appeler Lexington pour faire marcher la solidarité féminine et lui tirer les vers du nez. Malheureusement, elle ne répond pas. Nous tenterons de nouveau demain.

Dans la soirée, Moore prévient tout le monde que nous devons transférer nos affaires dans la journée du lendemain sur la Gabrielle. Le grand départ se fera au cours de la nuit suivante après un dernier tour de vérification et l’enterrement de Douglas.

Starkweather prend la parole pour nous redonner quelques mises en garde sur notre vie et les précautions à prendre dans le froid polaire. Puis, il rend hommage au capitaine Douglas et nous fait son grand discours pour nous motiver. Il sait y faire le bougre et toute la salle l’applaudit. Sauf Charlène sûrement vexée qu’il ait autant insisté sur les « hommes » de l’expédition.

Avant d’aller nous coucher, Charlène et moi évoquons ce que nous voulons faire demain pour notre dernier jour à New York avant des mois. Nous voulons appeler Lexington et Pabodie. Puis, nous nous rendrons aux obsèques de Douglas en espérant y voir Wykes et peut-être l’Allemand.

Dire que demain soir nous partons. Si Lexington a raison sur Starkweather, nous sommes dans de beaux draps !