Des doutes, de l'embarras, des flammes et un départ.

Créé par DiChim Zoug le jeu. 02 novembre 2017

Des doutes, de l’embarras, des flammes et un départ.

Il n’y a pas grand monde le 8 septembre au petit déjeuner. Beaucoup parmi les membres de l’expédition profitent de ce dernier jour de quartier libre pour vaquer à leurs occupations. Ce ne sera pas notre cas à Charlène et moi, puisque Moore nous glisse encore un de ses petits papiers avec des commandes à aller chercher. J’ai bien l’impression qu’il nous considère comme les coursiers de l’équipe.

Après avoir subi une dernière fois les assauts verbaux du concierge (il ne va pas me manquer celui-là), nous nous rendons donc à Manhattan en taxi chez le premier fournisseur. La commande est prête, mais nous préférons la vérifier. Je remarque un exemplaire d’« Outdoor America » sur le comptoir, ce qui me procure un petit frisson de satisfaction. Tiens ! Un lecteur. Charlène qui a aussi vu le magazine s’arrange pour que l’employé me reconnaisse et c’est ainsi que je me retrouve à dédicacer l’exemplaire en présence du patron qui en profite pour me prendre en photo avec lui et d’autres employés. Je suis flatté, mais c’est embarrassant. Ma gêne semble satisfaire Charlène, qui a l’esprit bien taquin.

Ne sachant comment embarquer les 5 caisses de batteries dans le taxi, je profite de ma soudaine célébrité pour nous faire prêter un camion. Le brave patron ira même jusqu’à nous fournir le chauffeur.

Avant de repartir, nous appelons Lexington, mais cette dernière est absente. Nous contactons donc Pabodie. Charlène lui demande s’il peut nous donner des informations sur l’expédition de la Miskatonic qui n’auraient pas été dites publiquement. Étant nous même sur le point de partir, nous souhaitons savoir où nous mettons les pieds. Pabodie nous explique qu’il fait partie de ceux qui ont découvert les 11 corps au Camp Lake. Ces derniers étaient à moitié enfoncés dans la neige et l’ambiance était très lourde. Jamais il ne retournera là-bas. Ce n’est un endroit ni pour lui ni pour toute l’humanité. Les montagnes, qu’ils appelaient les « Montagnes hallucinées », avaient l’air malveillantes. Il finit par nous expliquer qu’il avait très peu de contact avec les autres membres de l’expédition, à part avec Mc Tighe, le radio, dont il nous donne les coordonnées. Il nous parle également du professeur Dyer qui avait totalement changé à la suite de cette expédition. Il a d’ailleurs quitté l’université Miskatonic en décembre dernier sans dire où il allait. Le professeur Moore aurait reçu quelques lettres de sa part. Lorsque nous finissons l’entretien, Pabodie a l’air très éprouvé par les souvenirs que nous avons fait remonter à sa mémoire.

Sur notre lancée, nous appelons Mc Tighe. Pour briser la glace, je lui parle tout d’abord de radio. Puis amène la conversation sur le sauvetage au camp Lake. Il nous dit que Lake était content 2 jours avant le sauvetage. Il avait trouvé des choses bizarres dans une sorte de caverne. Il y avait des empreintes et des fossiles. Mais Lake n’était pas très cohérent. Puis la tempête a commencé. Lui aussi nous relate une ambiance étrange et oppressante, mais il n’arrive pas à trouver ses mots. Il nous parle de Danforth qui était lui aussi très éprouvé et qui parlait au retour une langue étrange. Ils avaient dû l’attacher dans le bateau. Sentant que nous torturons le pauvre homme avec nos questions, nous reparlons radio un moment et le laissons tranquille.

Une fois le reste des commandes dans le camion, nous nous rendons à l’enterrement du capitaine Douglas avec le camion. Peu de personnes sont présentes et nous ne repérons ni Wykes ni l’Allemand. Nous exprimons nos condoléances à Philip. Ce dernier nous apprend que l’enquête n’avance pas et qu’il souhaiterait récupérer les carnets de bord de son frère. Charlène et moi devrons penser à les lui expédier par la poste anonymement.

À l’extérieur, nous interrogeons Moore à propos de Dyer. Ce dernier lui a effectivement écrit et avait beaucoup changé. Sa dernière lettre date de mars et provenait d’Hawaï. Il nous explique également que Danforth avait été interné pendant un an avant de s’échapper. Il avait ensuite essayé de rentrer dans l’université, mais avait été refoulé par le gardien.

Nous partons ensuite pour le port avec notre cargaison. Pendant que Charlène fait le pied de grue devant le téléphone en attendant un appel de Lexington, je vais dans ma cabine où j’apprends que je vais la partager avec le sympathique, mais envahissant, Peter Sykes. Il me dit qu’il va passer la soirée au cabaret et je lui réponds que je ne sais pas encore quoi faire. Lorsqu’il évoque Charlène et des points que j’aurais d’avance par rapport aux autres, je préfère m’éclipser.

Charlène n’a pas eu de nouvelles de Lexington, aussi a-t-elle décidé d’organiser une de ses fameuses soirées chez son père et de l’inviter et espérant qu’elle montre le bout de son nez. Je suis également invité à cette petite sauterie avec « des proches ».

Lorsque j’arrive dans mon plus beau costume, Charlène accueille la centaine d’invités en robe de soirée. Elle me présente à son père qui doit avoir les mêmes préoccupations que tonton Archibald, puisqu’il m’accueille à bras ouverts tout en faisant de grosses allusions sur sa fille à marier. Je n’ai pas le temps de m’échapper que la tante de Charlène en remet une couche. Après les allusions salaces de Sykes, ça fait beaucoup pour la même journée. D’autant que son père nous présente à l’assemblée comme un couple établi. Mais, pourquoi veulent-ils tous nous marier ?

Vers 23 h, nous repartons vers le bateau sans que Lexington ne soit venue. Je suis pressé d’oublier mon embarras dans le sommeil.

Nous sommes réveillés par des explosions et une alarme se met en marche. Je sors de ma cabine et tombe nez à nez avec Charlène. Nous entendons des cris et des jurons. Il y a un feu sur le dock. Le hangar où se trouve le carburant est en flamme. C’est le chaos et le navire est en grave danger. Les flammes se rapprochent et des fûts de carburant qui étaient en train d’être chargés à bord sont en équilibre au bout d’une grue. Le mécanicien est à terre, blessé. Si les fûts tombent sur la Gabrielle, cela va être un désastre. Pendant que Starkweather, pour une fois efficace, se précipite sur une lance à incendie. Je me hâte pour mettre le mécanicien à l’abri. Charlène, téméraire, prend sa place et tente avec succès de piloter le treuil. De mon côté, je cours aider Starkweather en difficulté avec la lance.

Pendant ce temps, l’équipage a largué les amarres pour éloigner le bateau. Mais sans remorqueur la manœuvre est lente et difficile. Le hangar s’effondre pendant que la Gabrielle s’éloigne petit à petit. Nous voyons un autre bateau qui quitte le port avec son remorqueur. Il s’agit du bateau de l’autre expédition. Ils partent pendant que nous restons coincés à New York.

Même si la Gabrielle est sauvée, il y a des dégâts et nous devons nous réapprovisionner en carburant. Il manque également des pièces pour les avions qui ont été détruites avec l’entrepôt. Bref, nous ne pourrons pas partir avant 2 ou 3 jours. Starkweather est vert de rage et soupçonne Lexington.

Le lendemain, l’incendie fait les gros titres de la presse. Starkweather nous fait venir sur le pont et après avoir fait un discours en hommage aux victimes, il nous félicite Charlène et moi pour notre intervention. J’avoue que j’ai du mal à le cerner.

Dans le journal, en plus de l’incendie, un sujet nous interpelle. Un homme s’est fait agresser devant chez Lexington, il a été passé à tabac et on lui a volé une pochette. Nous décidons d’aller le voir à l’hôpital, mais Nicolas Roerich n’y est plus. Il a été transféré dans un hôtel particulier où il nous reçoit sans difficulté. En effet, il souhaitait entrer en contact avec des membres de l’expédition.

Il a reçu de son ami Dyer une lettre lui demandant de transmettre quelque chose à l’équipe. Un manuscrit censé faire renoncer Starkweather et Moore. Ignoré par Starkweather, il avait décidé de contacter Lexington qu’il connaît depuis l’enfance pour la faire renoncer à son tour. Ayant pris rendez-vous avec elle le matin, il devait la rencontrer lorsqu’il s’est fait attaquer devant chez elle. Les malfrats, des Allemands selon lui, l’ont enlevé et lui ont posé des questions sur le livre des aventures de Pym. Ils ont également volé le manuscrit.

Roerich craint qu’Acacia soit mêlée à son agression. En effet, elle seule savait qu’il allait la voir. De plus, elle s’est rendue à Berlin en 1933. Il nous rappelle qu’une expédition allemande est aussi en route pour l’Antarctique. Il pense que Lexington est partie la rejoindre. Il nous demande de voir ce qu’elle veut faire en Antarctique et de faire en sorte qu’elle revienne en vie. Ce que nous acceptons.

Les réparations sont faites, le reste de la cargaison est au complet et nous sommes enfin partis en ce matin du 11 septembre. Je viens de finir mon article pour « Outdoor America » et plus ça va, plus je me demande ce que je fais là.