Premiers jours de voyage.

Créé par DiChim Zoug le Wed 15 November 2017

Premiers jours de voyage.

Nous sommes le 19 septembre dans la baie de Colon dans la mer des Caraïbes et nous attendons le pilote qui doit nous faire passer le canal de Panama. Ces premiers jours à bord se sont bien passés. Même si les autres membres de l’équipe me cherchent un peu en faisant des allusions plus ou moins lourdes à mes rapports avec Charlène, l’ambiance est bonne et bon enfant. Surtout lors des repas que je prends avec les techniciens et les membres de l’équipage. Charlène quant à elle mange avec les officiers et les scientifiques, je préfère ma place, les repas sont certainement plus joyeux de notre côté.

J’ai dû donner des cours sur l’utilisation des radios portatives. J’ai improvisé et j’ai ressorti ce que Mc Tighe, le radio de la Miskatonic, m’avait dit à propos de dormir avec et je crois que je ne m’en suis pas si mal sorti. Même si Laroche m’a aidé à rattraper le coup pour certaines choses.

J’ai suivi des entrainements moi aussi. Pour l’escalade, que pourtant j’ai déjà souvent pratiquée, j’ai bien raté mon coup et le rappel m’a rappelé qu’il faut faire attention où l’on place la corde. Sinon gare aux brulures à des endroits mal placés. Pour le reste, Charlène et moi sommes très intéressés et attentifs. Après tout, toutes ces informations sont fort utiles et nous garderont peut-être en vie une fois là-bas.


Le 25 septembre, quelque part dans le Pacifique.

Nous avons passé le canal de Panama sans encombre. Par contre quelques heures après, le temps a changé et l’océan s’est agité. Cette fois, mon estomac n’a pas résisté et je me suis précipité sur le pont pour vomir. Malheureusement, je n’ai pas fait attention au vent et j’ai fortement réjoui Charlène lorsque le contenu expulsé m’est revenu au visage.

Heureusement, hier le beau temps était de retour ce qui m’a permis de récupérer.

Charlène et moi avons remarqué que les matelots se comportaient assez froidement envers les membres de l’équipe. Les officiers étaient toujours aussi cordiaux, mais les matelots avaient le regard fuyant et coupaient cours à toutes conversations rapidement.

Inquiets, nous avons commencé à les surveiller discrètement. Enfin discrètement, pour ma part, car la pauvre Charlène, étant la seule femme à bord, se voit comme son nez au milieu de sa jolie figure. Nous avons vu les matelots transporter des paquets en faisant attention à ne pas être découverts et les emmener vers un endroit inconnu. M’éclipsant dans le gaillard d’arrière, j’y ai observé des hommes chuchotant et se passant du noir sur le visage. Aussitôt, je me précipitais pour aller prévenir Charlène et nous avons décidé de prévenir Moore. Nous étions en chemin lorsque les cornes de brume du navire retentirent.

À peine avons-nous prévenu Moore que des projecteurs sont braqués vers l’arrière. Des hommes y étaient amassés, la face noircie. Au milieu d’eux se trouvait le quartier-maitre portant une perruque verte. Il s’adressa au capitaine en déclarant s’appeler David Jones et être le capitaine du Hollandais volant. Un célèbre bateau fantôme. Il représenterait Sa Majesté Neptune. Des néophytes étaient présents parmi nous et ils étaient convoqués pour le lendemain midi devant le Roi.

Surpris et inquiets, beaucoup parmi les membres de l’expédition se regardaient. Pourtant Moore, Starkweather et quelques autres ne semblaient pas surpris et nous dirent de faire ce que l’on nous disait lorsque nous reçûmes une convocation. Charlène essaya bien de tirer les vers du nez de plusieurs passagers, mais sans résultats.

Le lendemain, ce matin donc, nous étions consignés dans nos cabines et des gardes étaient à nos portes. À 11 h 30, le navire ralentit son allure et les cornes de brume se remirent à tonner. On nous demanda de nous habiller avec une grossière toile de jute retenue par une simple corde.

Une fois sur le pont, ils nous firent entrer dans une tente où une assemblée s’était réunie en vue de nous bizuter, comme nous le comprîmes plus tard. Je suis passé à la tondeuse, on nous a fait boire plus que de raison, mais j’ai mon diplôme de Neptune ! Ils nous ont fait une sacrée peur ces imbéciles.

J’ai profité de quelques moments de répit pour écrire ces quelques lignes avant d’être trop saoul et d’oublier. Mais là, il faut vraiment que j’aille pisser et j’ai l’impression que ça sent l’ammoniaque en bas. Bizarre...