Sabotages !

Créé par DiChim Zoug le mar. 28 novembre 2017

Sabotages !

Nous sommes toujours le 25 septembre. Le retour à la réalité après la fête a été rude. Je décris les événements tels que je les ai vécus.

Tiraillé par mon envie d’uriner, je commence à descendre. Cela sent bien l’ammoniaque en bas. Près de la chambre froide, je découvre Coates, l’un des stewards. Il est inconscient. L’odeur est insoutenable. Une fois à l’intérieur, je vois très rapidement qu’il y a une fuite sur l’un des tuyaux et je remonte avant de tomber dans les pommes.

Je préviens les autres et Charlène propose intelligemment d’utiliser les bonbonnes d’oxygène prévues pour escalader les montagnes à haute altitude. En allant en chercher deux, elle se rend compte que la première est vide, aussi demande-t-elle que toutes les bouteilles soient vérifiées. Puis nous descendons ensemble dans la chambre froide.

Nous mettons beaucoup de temps à trouver le robinet pour couper l’arrivée d’ammoniaque. Une fois cela fait, nous avons juste le temps de voir des traces d’acide sur le sol sous la partie endommagée du tuyau, avant de manquer d’air. C’est donc un acte volontaire et pas un accident. Notre méfiance monte d’un cran supplémentaire.

Une grande partie de la nourriture fraiche est donc foutue et il va falloir plusieurs jours pour nettoyer. Starkweather et le capitaine sont en désaccord quant à la marche à suivre. Le Professeur veut aller de l’avant et refuse de faire demi-tour.

Moore, que nous mettons au courant de nos soupçons de sabotage, tente de minimiser les choses, mais nous apprend qu’une dizaine de bouteilles d’oxygène sont vides. Il nous demande de ne rien dire aux autres.

Nous décidons avec Charlène de faire de petites rondes pour vérifier que rien n’est anormal au niveau de la cargaison.

26 septembre 1933. Le travail de nettoyage se poursuit et l’ambiance au petit déjeuner est morose. Soudain, nous entendons des aboiements de plus en plus forts. Lorsque nous arrivons sur place avec Pulaski, le responsable des chiens, nous voyons que les chiens sont hors de leurs cages. Certains sont morts et d’autres sont littéralement enragés. Une odeur de pisse, de merde et de sang baigne les lieux.

Pulaski n’en croit pas ses yeux. Certains marins commencent à parler de rage et disent qu’il faut les abattre. Dépité, Pulaski se résout à tuer les plus féroces. Une fois, les autres remis en cage, Charlène prélève des échantillons d’eau et de nourriture, puis elle va consulter le docteur Green pour faire quelques tests. Ils trouvent des traces de strychnine.

Mis au courant, nos chefs et les officiers décident de convoquer les membres de l’expédition dans 20 minutes. En attendant, nous allons examiner les caisses où est stockée la nourriture des chiens. L’une d’elles contient bien du poison. Prévenus, nos responsables nous demandent de continuer nos vérifications discrètement.

Moore explique ensuite à l’équipe que la nourriture a été, en partie, contaminée. Si cela n’avait été découvert que sur le continent, des humains auraient pu être victimes. Ils doivent donc vérifier toute la nourriture. Autant dire que l’ambiance est plombée.

27 septembre 1933. Nouvelle journée de contrôles discrets pour Charlène et moi. Que l’on soit toujours ensemble fait partie des conversations qui reviennent à chaque repas. J’ai beau nier. Sykes passe son temps à en rajouter au grand plaisir des autres.

Nouvelle découverte ! Cette fois, nous trouvons de l’acide dans l’huile des générateurs. Nous prévenons Miles qui va les réparer, mais Charlène et moi sommes désormais certains qu’un saboteur est parmi nous.

28 septembre 1933. Dans la cale n° 2, parmi les bidons de carburants, je découvre dans un paquet en tissu : une bobine, une mèche à combustion rapide et des détonateurs. Tout ce qu’il faut pour faire une bombe incendiaire !

Nous décidons que Charlène préviendra les chefs pendant le repas. En attendant, nous allons cacher les explosifs dans sa cabine, puisqu’elle y est seule. Lorsque nous y entrons, je vois que Sykes nous regarde en souriant. Préférant ne pas dévoiler la présence des bombes je lui fais un clin d’œil entendu.

Mon arrivée dans la cambuse pour le repas se fait sous les applaudissements. C’est embarrassant, mais au moins Charlène et moi avons désormais une excuse pour trainer ensemble un peu partout.

De son côté, Charlène, après avoir parlé des bombes et des générateurs, insiste pour que les cabines soient fouillées. Starkweather refuse et demande à Charlène d’aller me chercher.

Je confirme sans réserve les dires de la jeune femme et nous finissons par les convaincre. La fouille commence par les cabines de l’équipage qui regarde les membres de l’expédition avec ressentiment.

Tout le monde est sur le pont lorsqu’à 2 h du matin, le capitaine appelle Enig, un steward, et le met aux arrêts. La fouille continue, mais Moore nous fait signe de venir à lui discrètement. Ils ont trouvé dans la cabine d’Enig un article et un courrier qui font mention d’une expédition de la Miskatonic datant de 1925 et 1926. Plusieurs guides et porteurs seraient morts. Parmi eux, un certain Enig. De plus, deux petites bouteilles d’acide sulfurique ont également été découvertes. Enig est donc le coupable et il agirait par vengeance. L’écriture de la lettre ressemble à celle des messages qui m’ont été adressés.

Je ne sais pas pourquoi, mais je doute que nos ennuis soient terminés.